ET DEUX ADULTES !

Debout les campeurs et haut les coeurs, oubliez pas vos bottes parce que ca caille aujourd'hui!

A Band Of Buriers - Filth

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L’hiver est de retour et nos petits corps chétifs n’en peuvent plus. Chaudière en panne, pénurie de bûches dans le jardin, il ne nous reste plus que le dernier A Band Of Buriers pour nous réchauffer péniblement, une simple boîte d’allumettes à la main. ‘Filth’, qu’on croirait presque écrit au pied d’un feu sauvage dans le Montana, puise son inspiration dans la (post-)folk la plus intime, de Nick Drake à Silver Mt. Zion. Guitare sèche, violoncelle et spoken-word composent ce disque boisé (et anglais) particulièrement rêche mais fragile.

En guise d’introduction, le single so lacrymal ‘Cello Dub’:

Nmam - Sapphyre Silk & Diamonds Part 1 & 2

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OVNI improbable encore inconnu du grand public, NMAM nous offre en cet hiver rude un véritable manifeste d’electrodarkpop nourrie au xanax qui risque de faire du grabuge dans les chaumières. Machinales et entêtantes, les boucles de NMAM -sorte de faux hipster qui aurait vraiment souffert- tournent encore et encore, se voyant agrémentées de quelques couches sinueuses (de voix, de synthés) qui font de chacun des morceaux du Lyonnais une montée en puissance malsaine et oppressante. On appréciera les quelques incartades vocales à l’instar d’ITCH FOR VIOLENCE et ses harmonies malades ou encore le fabuleux DARK MONTAIN au chant caverneux fleurant bon la cold-wave (la vraie, pas celle de Lescop). Toi qui trouves Crystal Castles trop pupute et Sébastien Tellier trop jouette, NMAM deviendra ton maître à penser.

Hunter as a Horse - Hunter as a Horse

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Beach House a fait des petits. Nombreux sont les groupes qui usent et abusent (à raison?) de la formule gagnante electro-pop vaporeuse + chanteuse mimi cracra. Souvent, ça n’est qu’une coquille vide, du hipstisme de façade, sans grand intérêt (hein quoi, Memoryhouse?). N’est pas Victoria Legrand qui veut, aussi. Hunter as a Horse l’a compris et joue sa carte dans un registre plus electro et plus éthéré (oui, c’est possible). 5 titres planants et terriblement envoûtants, au potentiel girly indéniable, sentant la guimauve à des kilomètres. Une bonne grosse dose de glucose. Hunter as a Horse est LA sucrerie du moment. AH oui, ils viennent de Londres et sont injustement méconnus. A écouter dans son lit (accompagné de préférence) avec une infusion de camomille très, très sucrée.

Halls - Ark

Sorti il y a plus de six mois sur No Pain In Pop, ‘Ark’ de Samuel Howard -seul à la barque du projet Halls- propose une poptronica élégiaque aux sonorités ecclésiastiques. Le ton est donné sur ‘I’, ouverture pompeuse dominée par un orgue sépulcral. L’ensemble du disque se caractérise par la quasi omniprésence du piano et de la voix angélique (pour ne pas dire maniérée) de Samuel Howard. C’est assez tire-larmes, mais quelques glitchs bien sentis et autres envolées post-rock permettent d’éviter le cliché et la répétition !

Robbing Millions - Ages And Sun

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Enfin une heureuse nouvelle dans notre morne plat pays: walloons et flamoutchs s’unissent dans un élan de patriotisme (si, si) pour créer Robbing Millions, groupe bruxellois (non?) d’indie-pop jazzifiant mené par un gourou, Lucien Fraipont. Ça sent clairement le pastis et les barbecues, avec une pointe de mélancolie et quelques incartades psyché qui donnent clairement de la consistance à l’ensemble. Robbing Millions, c’est un peu Supergrass meets Weather Report, quoi. Deux GROS titres qui se démarquent -‘Tenshinhan’ & ‘I Didn’t Realize’- mais le groupe excelle en permanence, dans des trajectoires plus sinueuses. Pour les plus bruxellois d’entre vous, ils font leur release party le 9 février au London Calling. Le rendez-vous est pris.

Fog Lake - Farther Reaches

Album parfaitement saisonnier que ce Farther Reaches de Fog Lake! Mélancolique de bout en bout, l’énième disque de cet obscur canadien convie ouvertement le fantôme de feu Mark Linkous sur dix chansons lo-fi (jusqu’à la moëlle) aux nombreux défauts assez charmants -soyons honnêtes- que la grâce toute juvénile nous fait rapidement oublier (18 ans, si si). On atteint des sommets d’émotions sur des titres vaporeux à souhait à l’instar de ‘Space Station’ ou ‘When?’ (ou tout le disque?). Fog Lake nous prouve qu’être lo-fi en 2013 a encore un sens. Merci.

Kishi Bashi - 151a

Croisé dans Of Montreal ou Regina Spektor, le violoniste originaire de Seattle Kishi Bashi n’en est pas à son premier fait d’armes. 151a est son premier album solo, album qui lui permet d’étaler toute sa démesure dans une musique ouvertement grandiloquente et ultra référencée. On entend les derniers délires de Sufjan Stevens (Manchester), les chœurs hallucinés d’Animal Collective (It All Began With a Burst) ou même l’electro-pop sous hélium de Dan Deacon (Chester’s Burst Over the Hamptons) dans ce disque qui accumule les kitscheries les plus improbables. Malgré tout, la facilité pop de l’américano-japonais fascine et offre des envolées mélodiques du plus bel effet. Bizarrement, les touches nippones rendent ces sucreries totalement exotiques et particulièrement addictives, comme chez Shugo Tokumaru. Un partenaire parfait pour cet été (morose) !

BADBADNOTGOOD: BBNG2

La bonne nouvelle de ce crapuleux mois d’avril c’est BADBADNOTGOOD, un trio de jazzeux torontois qui reprennent la clique Odd Future, James Blake ou encore My Bloody Valentine à leurs heures perdues. Ils se la ramènent pas mal du haut de leurs même pas 21 ans (dixit leur bandcamp), à enregistrer des morceaux d’une technicité sans faille en une session de 10 heures. Mon œil en parachute! La prod est bien trop sophistiquée pour un laps de temps si court. Mais bon, que voulez-vous, de nos jours on ne sait plus quoi inventer pour vendre des albums gratuits.

Musicalement, ça pulse sévèrement. Ça rappelle les plus belles heures des prods trip-hop nineties à l’instar de Red Snapper, signé autrefois chez WARP. Batterie saturée à mac, contrebasse énoooorme, piano groovifiant, quelques machines bien senties… Ça rend un peu fou sur la longueur (le downtempo ne les intéresse pas trop…) mais c’est virtuose à souhait.

Pour le plaisir, une petite vidéo avec l’ami Tyler The Creator:

Dustin Wong - Dreams Say, View, Create, Shadow Leads

Dustin Wong est un geek. Le genre de gars qui te termine Super Mario en 5’20 et qui a appris la guitare sur deux manches. Sur "Dreams Say, View, Create, Shadow Leads", Dustin Wong est seul avec sa guitare et ses loops. Il créé une musique de geek, un peu jouette, un peu fatigante -voire parfois irritante- mais qui fait preuve d’une musicalité certaine. Derrière des structures parfois bancales, des sons pas toujours du meilleur goût (fuzz eighties en tête) se cachent de belles ouvertures, des morceaux aux montées intenses qui font parfois songer au très doué Dan Deacon. C’est signé sur Thrill Jockey et c’est à découvrir d’urgence comme à peu près toutes les artistes du label!